Dans l’Europe baroque, les castrats eurent une place hors du commun : celle des premières « stars » de l’histoire de la musique.
Dans de nombreuses productions lyriques ou d’oratorios sacrés, de Vienne à Londres, les castrats tenaient systématiquement le rôle-titre (à Rome tous les rôles féminins) et plusieurs rôles importants, créant sur le plateau une véritable compétition. C’était alors une escalade de virtuosité et d’émotions entre les chanteurs, dont le public se faisait l’arbitre, autant par ses demandes de bis que par les cadeaux somptueux offerts aux plus adulés. L’opéra était d’ailleurs régulièrement complété des airs « de valise » que les castrats les plus demandés apportaient avec eux pour briller.
Avec un trio aussi extraordinaire que celui formé par Nicolò Balducci, Paul-Antoine Bénos-Djian et Rémy Brès-Feuillet, c’est à une compétition de haute volée que le public est convié : baroque au plus haut point, l’émulation entre ces primi uomi faisait l’attraction des opéras italiens, dont voici revivre la plus palpitante dynamique vocale, par la voix de trois contre-ténors, pour un soir à la gloire des castrats.
Les Productions de l’Opéra Royal.